
Enjeux · Krys Group
L’ESS AU PLUS PRÈS DES BESOINS DE SANTÉ
Les Échos · vendredi 6 novembre 2026 · Réalisé par CommEdition

À l’approche de l’élection présidentielle, Krys Group veut placer l’accès aux soins, la prévention et la souveraineté industrielle au cœur du débat. Son livre blanc présente six propositions applicables en cent jours.
Les structures de l’économie sociale et solidaire sont ancrées localement et répondent souvent, au plus près des habitants, à des besoins peu ou mal couverts. Krys Group, coopérative à gouvernance démocratique, entend s’inscrire dans cette dynamique, notamment grâce à son réseau de magasins d’optique et de centres d’audioprothèse. « Parce qu’il accompagne chaque jour des millions de Français partout en France, Krys Group est un observateur privilégié des besoins de santé et des difficultés d’accès aux soins qui s’expriment dans les territoires », explique son directeur général, Amaury Dutreil.
L’accès aux soins est l’un des enjeux que les acteurs de l’ESS entendent porter à l’approche de l’échéance nationale de 2027. Les difficultés touchent les zones rurales, les villes moyennes et les périphéries urbaines, en métropole comme en outre-mer. Entre 30 % et 36 % des Français seraient concernés ; plus d’un tiers renoncerait à des soins, faute d’offre de proximité, et 6,4 millions de personnes n’auraient pas de médecin traitant, selon l’Assurance-Maladie. Cabinets de généralistes surchargés, pénurie de spécialistes, de pédiatres, de gynécologues, de dermatologues… 56 % des Français attendent ainsi plus de quatre mois pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologiste.
Parmi les acteurs engagés de l’ESS, Krys Group souhaite contribuer au débat, et formule dans un livre blanc six propositions autour de deux priorités : développer la prévention et l’accès aux soins de proximité, notamment grâce au dépistage et à la télémédecine, et renforcer la souveraineté industrielle, afin que la lunetterie française retrouve sa place de leader en Europe. Le groupe estime ces mesures applicables en cent jours, sans nouvelle loi. Leur mise en œuvre reposerait sur un modèle de coopération public-privé, entre l’État, l’Assurance-Maladie, les agences régionales de santé, les collectivités, les complémentaires, les entreprises et les professionnels de santé.
Le réseau de magasins d’optique – 13 000 – et de centres d’audioprothèse – 5 000 – pourrait y contribuer par son ancrage territorial, car ces lieux de proximité repèrent les besoins, orientent les publics et participent au maintien de l’activité et de l’emploi dans les territoires. « Nos professionnels de santé, opticiens et audioprothésistes, constatent quotidiennement l’intérêt d’un dépistage précoce, d’un suivi régulier et d’une meilleure sensibilisation aux enjeux de santé visuelle et auditive », relève Amaury Dutreil. Le groupe rappelle que 5 milliards de personnes pourraient être myopes dans le monde en 2050 et qu’un quart des Français de plus de 50 ans sont concernés par une perte d’audition, pas toujours dépistée.
« Le vieillissement de la population, la progression des maladies chroniques, les difficultés d’accès aux soins et les tensions qui pèsent sur notre système de santé rendent indispensable un changement de paradigme, poursuit le directeur général. La prévention ne doit plus être considérée comme une politique complémentaire, mais comme un axe prioritaire de refonte de notre système de santé. Elle doit devenir une politique publique à part entière, pensée dans la durée, portée au plus près des citoyens et mobilisant l’ensemble des acteurs de santé. »
La prévention dépasse la seule santé visuelle et auditive : il s’agit de détecter plus tôt, d’accompagner les personnes et de limiter l’apparition ou l’aggravation de maladies. « L’œil constitue une véritable fenêtre sur l’état de santé global », observe Amaury Dutreil. Il peut notamment contribuer au repérage de signes associés au diabète, aux maladies cardiovasculaires ou à certaines atteintes neurologiques.
« Faire de l’œil une porte d’entrée de la prévention, c’est se donner les moyens de détecter plus tôt, d’orienter plus efficacement et d’accompagner nos concitoyens à chaque étape de leur vie. »
Amaury Dutreil
Pour Krys Group, le territoire est ainsi plus qu’un lieu d’implantation : c’est un espace de coopération entre acteurs, au service des habitants. Fidèle à son modèle coopératif, le groupe entend mobiliser son ancrage local et ses partenaires pour rapprocher prévention et parcours de soins. Une façon de faire vivre, au plus près des territoires, les principes de coopération et d’utilité sociale qui fondent son modèle.
• F. H.
Cet article est extrait du dossier spécial « ESS, l’économie en mieux » réalisé par CommEdition, paru dans Les Échos du vendredi 6 novembre 2026.
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